LA RADIO COMMUNAUTAIRE
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95,5 FM, LA RADIO COMMUNAUTAIRE DE L’ESTRIE

À l’occasion de la mise à jour de son site, rappelons les grands moments de la Radio communautaire en Estrie.  Située en plein cœur de Sherbrooke, CFLX FM diffuse dans un rayon de 60 kilomètres; d’est en ouest, du nord au sud; des pentes de l’Orford aux rives de l’Aylmer, des montagnes blanches à la limite de la rivière Saint-François.  Son antenne, installée au mont Bellevue et légiférée par Industries Canada, lui procure une puissance de 1 330 watts.

Par lettres patentes au Registraire du Québec, la radio communautaire est constituée comme organisme à but non lucratif.  Au départ, en 1978, CFLX répondait aux attentes et à la mission de la radio campus de l’Université de Sherbrooke.  À la fréquence 98,1, elle diffusait sur le câble, mais pour l’essentiel sur la colline universitaire, dans l’ouest de la ville.  Pas si lointaine, cette époque remonte aux premières heures de la radio dite « underground » au Québec. 

Puis, à partir de 1982, autonome et indépendante, elle prend lentement son envol sous le sceau de « radio régionale estrienne.»  Bien qu’elle connaisse quelques ratés dans son déploiement sur le territoire, liés surtout à un financement incertain, elle atteint assez vite « une portée enviable de 25 000 auditeurs et auditrices », selon ce qu’affirme Pierre Roberge de La Presse canadienne du 5 décembre 1991.

« Une portée de 25 000 auditeurs et auditrices »

Le son et la programmation se situent alors à mi-chemin entre la radio étudiante et la radio plus commerciale.  La journaliste culturelle du quotidien Le Devoir, Nathalie Petrowski écrit d’ailleurs en 1985 que sa renommée tient moins à son créneau qu’à « son art de la différence ».  Selon elle, « cette formule inédite cherche à éviter les territoires éculés des succès éphémères, oubliés aussi vite qu’ils ont été consommés.»

Rentable ou non, rien n’est laissé au hasard chez les gens de CFLX qui cultivent la différence avec ardeur.  Pour Jacques Beaulieu, Bruno Lacombe, Normand Labelle, France Bisson, Luc Lemay, Yves Fortin, Jacques Côté, Guylaine Charrette, Stéphane Reynolds, Alain Boucanus, René Goyette, Reno Fortin, Julie Normand, Gilles Thériault, Jean-René Boisclair ou Gaétane Roy, nommée bénévole de l’année en 1991, CFLX radio rappelle « une époque où le FM constitue un vaste champ d’expérimentation et un creuset d’atmosphère réfractaire à la rigidité des formules et des formats.»

Considérée comme la plus jeune station MF non commerciale dans les années 1980 au Québec, les artisans de celle-ci désiraient proposer : « une alternative aux médias existants.»  Dans le journal L’intercom de l’édition août-septembre 1985, Bernard Landry, le directeur général, en résumait ainsi les orientations : « la radio est différente par son accessibilité, par sa gestion et sa structure; par sa programmation qui se veut le reflet de la communauté; par le traitement de l’information régionale; par sa musique diversifiée; et par la publicité et la promotion intégrées aux contenus.»

Si bien que grâce à quelques valeureux gaulois, la radio campus change de fréquence le 8 octobre 1984.  Les Daniel Nadeau, Serge Cabana, Francine Labrosse, Pierre Avard, Jean-Pierre Fortier et Yves Lafond, entre autres piliers, bataillent très fort pour obtenir les autorisations nécessaires auprès du ministère des Communications du Québec.  Avec force persuasion, ils imposent un nouveau modèle qui commence à diffuser sur les ondes hertziennes en Estrie au 95,5 FM.  Dans cette voie, on adopte les lettres d’appel, CFLX, en hommage au chantre du Québec, Félix Leclerc, né soixante-dix ans auparavant.

Avant de déménager ses pénates, en 2001, tout à côté du Théâtre Granada, la radio de Félix a créché pendant 17 ans sur la rue Dufferin, quartier cossu et pittoresque du centre-ville, dans l’ancien hôtel de diligence Le Magog.  Elle y était logée, bien branchée, au troisième étage qui, soulignons-le, a vu naître le parti conservateur de Maurice Duplessis.  En plus des murs défraîchis et tapissés de boîtes d’œuf pour insonoriser la discothèque et les deux studios, il fallait compter 64 escaliers pour y accéder.  Ce que la chanteuse à succès Ginette Reno a franchi en 1999, non sans maugréer que « c’était bien la première et la dernière fois !»

À la lumière de cette anecdote et de plusieurs autres, on comprend mieux ce pourquoi l’incendie du 20 décembre 2017, par un froid sibérien, a ravivé autant de souvenirs dans la communauté.  Pour preuve, il vous faut lire les commentaires qui ont déferlé par centaines sur différentes pages des médias sociaux, pages qui rappellent tout un pan de l’histoire « céfélixienne ».

Entre parenthèse, mentionnons que doté en 1873 d’un toit à la Mansart, reconstruit en 1902 pour agrandissement avec des briques rouges du désormais célèbre Père Beckett, puis complètement rénové en 1952 par la famille Saint-Onge et enfin reconverti en bars et restaurants à la fin des années soixante-dix,   cet édifice patrimonial aura en effet laissé des traces indélébiles dans les esprits.

En guise d’aide-mémoire, on aimera consulter le blogue de l’historienne Hélène Liard qui évoque dans un texte intitulé « L’hôtel Magog ravagé par les flammes », les hauts faits de ce lieu mythique où ont séjourné, semble-t-il, l’actrice française Sarah Bernardt, le géant Beaupré et le poète des Vierges folles, Alfred Desrochers.  Son instantané est paru dans La Vitrine des Archives de la BAnq en date du 18 janvier 2018.

Plusieurs artisanes et artisans ont ainsi œuvré à édifier cette radio dont on a reconnu l’inventivité, l’authenticité et la créativité.  Au fil des ans, des pairs de l’Association des radios communautaires du Québec et du Canada, de même l’Association québécoise de l’Industrie du disque, du spectacle et de la vidéo, ainsi que des Rencontres et du Gala de l’ADISQ, de la Société de développement des entreprises culturelles et du Gala Super Country Star, lui ont remis différents prix et mentions d’honneur.  Depuis le professionnalisme des personnes  animatrices, à la qualité des émissions, en passant par l’originalité des publicités, par l’impact des messages d’intérêt public et la mise en valeur non seulement de la chanson française, mais de la musique du monde ou en émergence, l’attention des gens de l’industrie n’a jamais failli.

Parmi les personnes qui ont dirigé ou coordonné les destinées de l’organisme, nous retrouvons Bernard Landry (1983-1984), François Rousseau (1984-1985), Réal Bergeron, (1985-1990), Bernard Chabot (1991), Jean Chenay (1991-1993), Denis Larouche (1993), Guy Ouellet (1994-1995), Carole Tousignant (1995-1996), Robert Dubois (1998-2001), Éric Simard (2001-2002), Jean Comtois (2003), José Deschênes (2003-2004), Bruno Guillemette (2004-2010), Jacques Lavoie (2012-2016) et Diane-Marie Charron (2016-2018).

Dans leur vision de développement, voire de reconnaissance de ce média hors norme, ils ont été accompagnés par les présidences suivantes : Diane Rouillard (1983-1985), Gaétan Mathieu (1985-1987; 1990-1991), François Rousseau (1987-1990), Josée Garceau (1991-1996), Sylvie L. Bergeron (1996-1998; 2004-2006), Mario Santerre (1999-2001), Luce Couture (2001-2002), Daniel Bergeron (2001-2004), Jean Comtois (2006-2014), Nathalie Blais (2014-2015), Colette Bernier (2015-2016) et, depuis 2016, Christian Bibeau.

C’est sans compter tous les bénévoles qui se sont succédés derrière le micro et la console : Michel Alario, Jessie Auslis, Jacques Beaulieu, Denis Bégin, Patrick Bélanger, France Bisson, Jean-René Boisclair, Ève Bonin, Martin Bossé, Alain Boucanus, Guy Boudreau, Jim Boulay, Gérald Bourgault, Jean-Pierre Bourgault,  René Cochaux, Christian Couture, François Couture, Jacques Demers, Yves Denoncourt, Patrice Desmarais, Daniel Desroches, Jean-François Dubé, Nicolas Duplessis, Reno Fortin, Vincent Franche, Michel Gagné, Éric Garand, David Gaudreault, Guillaume et Rachel Genest, Serge Gingras, Louis Gosselin, Steve Gosselin, César Gomez, Jean-François Hamel, Harry Hernandez, Clément Huneau, Lyne Houde, Michael Innes,  Jacques Jalbert, Sylviane Jeanson, Orantez Keesjean, Denise Laganière, Luc Lainé, Éric G. Langlois, Raymond Laperrière, Lise Laverdière, Jean-Robert Lecocq, Mathieu Lecours, Sylvain Lecours, Robert Legault, Bruno Lévesque, Julie Miller, Jean-François Martel, Denis Morency, Patrick Nicol, Julie Normand, Daniel Ouellet, Guy Ouellet, Neil Packwood, Samuel Pépin, Rémy Perras, Annie Plante, Lucie Rainville, Alain Robert, Yves Robidoux, Cynthia Rodrigue, Alain Roy, Michel Roy, Richard Saucier, Paul Shine, Mathieu St-Hilaire, Gilles Thériault, Donald Thibault, Danielle Tremblay, Saïda Tremblay, Pierre Trottier, Brigitte Vandal, Patrick Vidal… N’oublions tous les autres qui sont venus, qui viennent et qui viendront.

Après la fermeture temporaire et très mouvementée de la station en 1996, de sa réouverture, tambour battant, en 1997, puis de son déménagement sur la rue Wellington Nord, à l’été 2001, l’aventure a pris un autre tournant.  

Néanmoins, on observe la même fougue que celle insufflée en 1985 par Lise Bellehumeur, la directrice musicale.  Encore aujourd’hui, les productrices et les producteurs font la part belle à la musique, aux arts et à la culture; aux sports, à l’information locale et régionale; au tourisme, aux enjeux politiques et citoyens…

En plus d’accueillir les artistes et les gens qui font l’événement, ils font tourner de tout : du jazz, du blues, du classique, du rock, du new age, du retro, du métal,  de l’underground, du rap, de l’électro, de la musique du monde, de la chanson française, du progressif, du western, du traditionnel, du country francophone et américain.

<< Ils font tourner de tout : du jazz, du blues, du classique, du rock, du new age, du retro, du métal,  de l’underground, du rap, de l’électro, de la musique du monde, de la chanson française, du progressif, du western, du traditionnel, du country francophone et américain. >>

Dans la foulée de ses 40 ans bien sonnés, CFLX 95,5 FM maintient toujours le cap.  La radio tatouée sur le cœur, les gens de la maison en dispersent les cendres, au même titre que l’auront pensé les pionniers et rêvé les grands disparus de la station : Gilbert Ash, Pierre Aubin, Pierre Beauchesne, Réal Bergeron, Yves Boisvert, Pierre Chailler, Jean Custeau, Guy Desgagnés, Gilles Dion, Sébastien Duchesne, Jean-Luc Giguère, Micheline Goulet, Raymond Goulet, Susan Léger, Rachel Lussier, André Payette, Aline Poulin, Lawrence Roseberry, François Rousseau, Walter Trudeau…

Dans une région intermédiaire comme la nôtre, ni trop éloignée, ni trop populeuse, et où les médias, tant électroniques qu’écrits, sont légions, les défis restent entiers pour une radio indépendante.  À l’aube d’une mutation vers le numérique, profitons-en pour saluer tous ses fils et ses filles de race surhumaine qui ont bâti la petite et la grande histoire de la radio CFLX en Estrie.

 

<< Dans une région intermédiaire comme la nôtre, ni trop éloignée, ni trop populeuse, et où les médias, tant électroniques qu’écrits, sont légions, les défis restent entiers pour une radio indépendante >>

Applaudissons aussi les membres, les auditeurs, collaborateurs, artisans, anciens et nouveaux, donateurs, organismes, partenaires, artistes, musiciens, amis, travailleurs culturels et journalistes, qui croient encore à une alternative radiophonique et surtout à une culture vivante à l’ombre de l’Orford.

Sylvie L. Bergeron, mai 2019.